vendredi 1 octobre 2010

État d'urgence à QUITO

Mon dernier blogue en Ecuador.

Jeudi (hier) je suis parti d'Otavalo à 8h30 vers Quito.

Le paysage des Andes est extraordinaire. C'est une journée très claire et on voit bien tous les sommets, les neiges sur le Cayambe, sur le Cotopaxi...
Guillermo, mon chauffeur, me dit que çà va brasser pas mal à Quito. Les policiers ont décidés de faire la grève générale aujourd'hui et il semble que ce sera à Quito que ce sera le plus actif comme mouvement. On est retardé en chemin car des policiers en uniformes et armés ont décidés de mettre le feu à des pneus aux intersections les plus importantes (on fait respecter l'ordre quoi!).
Guillermo m'explique que le gouvernement Correa a décidé de faire le ménage dans la fonction publique depuis un an pour rétablir un certain équilibre entre les gens. Rafaël Correa, le président, est un économiste près de pays comme le Vénézuéla, Cuba, le Brésil, la Bolivie... de la gauche quoi!
Il a nationalisé une compagnie pétrolière américaine l'an passé et a refusé de renouveler le traité de dix ans avec les USA leur permettant d'avoir des navires de guerres et de la garde côte à Manta...
Il a doublé l'an passé le salaire des enseignants (de 150 à 300$ par mois) et a décidé de réduire celui des policiers de moitié (policier débutant de 750 à 400$) ... pour pouvoir accomplir ses réformes sociales. Il refuse aussi de rembourser pour le moment ses dettes au FMI... donc pas très populaire dans la haute finance et chez les forces de l'ordre!
Ici la santé et l'éducation (même l'université) sont gratuites... mais encore faut-il que les gens aient un minimum pour pouvoir en profiter.
Donc ses réformes passent très bien sauf chez les riches et les policiers (une partie de ceux-ci car certains appuient malgré tout Correa).

En me promenant en PM je me suis retrouvé près de la grande manif des policiers près du Parque Arbolito. Par curiosité je me suis approché (j'ai aussi serré ma caméra au cas ou...) et on entendait les policiers hurlés leurs slogans contre le gouvernement, demander justice pour garder leur salaires. En même temps une foule se réunissait près des policiers (toujours armés...) les traitant d'enfants gâtés, appuyant les réformes de leur président.
Sans raison les policiers ont commencés à envoyer des gaz contre la foule qui a paniqués et s'est rués dans ma direction pour se sauver des forces du désordre... Je me suis réfugié rapidement dans une ruelle, non sans m'être fait un peu bousculer par les gens en panique. Une autre forme de sport extrême?
Le président de la République a voulu calmer les choses en rencontrant les policiers mais il a été la cible de grenades de gaz et il a été pris en otage par les policiers. La télévision d'état (ECTV) est le seul poste en onde sur toutes les chaînes de jeudi PM à tôt vendredi matin.
Pendant la soirée je me suis promené dans le barrio Mariscal mais tout était fermé. Un soldat m'a conseillé de retourner à mon hôtel car il risquait d'y avoir du grabuge pendant la nuit... ce que je me suis empressé de faire!
Pendant la nuit, l'armée et les policiers fidèles au président ont été le libérer. Il y a eu échanges de coup de feu et un policier allié du président a été abattu par les policiers émeutiers.

Ce matin le calme est revenu mais pendant la nuit il y a eu beaucoup de pillage à Guayaquil... comme après la dernière partie du Canadien sur la Catherine quoi!
Quand je me suis présenté à la gare de Quito pour prendre le ferrocarril vers Latacunga... tout était fermé jusqu'à ??? donc pas de voyage de train aujourd'hui!

Hier pendant quelques heures l'aéroport de Quito a été fermé mais tout est normal aujourd'hui... et j'espère aussi pour demain car c'est à 11h30 PM samedi que je prend l'avion pour Montréal via Atlanta.

À suivre et mon dernier blogue sera de Saint-Bruno avec mes dernières photos de voyage.

Tout va bien pour moi... et une autre expérience de voyage dans mes bagages!

Roberto del Ecuador.
Saludos a todos.

2 commentaires:

  1. J'ai vu ça aux nouvelles et quand j'ai entendu QUITO...J'ai tout de suite pensé à toi!
    Bon retour!

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  2. C'est comme si on y était! Moi aussi, j'ai vu les reportages dans les médias et j'ai tout de suite pensé que tu allais être aux premières loges pour assister aux événements tout en espérant que tu allais être prudent et ranger le ''kodak''.

    Bon retour au Québec et donne de tes nouvelles par téléphone avant de repartir en Asie.

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